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TRENCHES ON SOLANA / N°001

Les chats entrent à la fabrique.

Paires, frais, levier : une semaine où les memes ont commencé à parler comme des produits financiers.

7 septembre 20268 min de lectureVersion intégrale · FR
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7 PAGES / FRTrenches on Solana, couverture du numéro 1
01 / Éditorial

Le meme veut faire quelque chose.

Du 31 août au 7 septembre, les histoires les plus documentées de notre sélection ont un point commun : elles promettent un mécanisme derrière la mascotte.

Le 1er septembre, StonkFun ouvre la création de paires avec GPRO. Le 5, la plateforme annonce son passage sur LaunchLab. Le 7, un chat arrive avec un levier. On pourrait ranger ces nouvelles dans trois cases différentes. Elles racontent pourtant le même déplacement : le meme ne veut plus seulement être reconnu, il veut expliquer ce qu’il fait de l’argent qui passe autour de lui.

ZCAT donne à cette évolution son image la plus facile à retenir. Un sac en papier, deux yeux et la promesse de recevoir du ZEC : la finance a trouvé un personnage. Les détenteurs racontent leurs récompenses ; les autres reprennent le visage. Entre ces deux gestes, un récit se construit.

Cette édition suit la fabrication de ces histoires. Elle s’intéresse aux annonces de la semaine, aux relais qu’elles suscitent et aux mécanismes qu’elles mettent en avant. Les chiffres publiés par les projets restent leurs déclarations. La force d’une image ne les transforme pas en comptes audités.

La rédaction Trenches On
02 / LE DOSSIER / STONK

La grande fabrique à paires.

Un ticker de plus n’est pas seulement un actif de plus. C’est une nouvelle réserve de personnages, de communautés et de plaisanteries.

Annonce GPRO publiée par StonkFun le 1er septembre. [1]
Annonce GPRO publiée par StonkFun le 1er septembre. [1]

Le 1er septembre, StonkFun annonce que ses utilisateurs peuvent désormais créer des coins associés à GPRO. Le message est court, le visuel ressemble à une fiche de cotation. Mais la promesse s’adresse aux créateurs de memes : le nom d’une entreprise peut devenir le point de départ d’un nouveau marché. [1]

Le lendemain, le projet explique que Raydium a déployé une mise à niveau nécessaire à son intégration à LaunchLab. Le 5 septembre, il annonce que cette intégration est effective pour les nouveaux déploiements. Coûts de lancement réduits, moindre exposition aux snipers et liquidité réinvestie après le passage de la courbe : voilà les bénéfices présentés par StonkFun. Ce sont des annonces de produit, pas les résultats d’un audit indépendant. [2] [3]

La chronologie compte. Le récit ne repose plus uniquement sur une succession de mascottes. Il s’appuie aussi sur une chaîne de fabrication : choisir un actif, lui associer un meme, organiser une distribution, puis donner au marché de quoi mesurer son activité. Raydium résume déjà une partie de cette ambition le 2 septembre avec ses publications autour des « stonks ». [5]

Le vocabulaire suit. Le 5 septembre, StonkFun revendique un million de dollars de rachats cumulés de STONK. La plateforme ne présente plus seulement des lancements ; elle raconte ce qu’elle fait de ses revenus. Le montant est publié par le projet et n’a pas été rapproché ici d’un relevé exhaustif de transactions. [4]

Cette mise en scène financière change la conversation. Une communauté peut parler d’un personnage tout en discutant d’une paire ou d’un flux de frais. C’est plus riche qu’un simple pari sur un nom, mais aussi plus facile à mal interpréter : détenir le meme ne donne pas automatiquement les droits attachés à l’actif auquel son marché est associé.

La nouveauté de la semaine tient à ce rapprochement entre infrastructure et culture. La mascotte attire le regard ; la mécanique lui donne une histoire à raconter. Reste à vérifier, projet par projet, si cette histoire décrit bien ce que les contrats exécutent.

Le ticker devient aussi une matière première.
03 / CULTURE / ZCAT

Un sac, deux communautés.

Le chat anonyme rapproche les habitués de Solana et les détenteurs de Zcash. Le rapprochement culturel est plus facile à constater que ses promesses financières.

Publication Solana du 7 septembre. Le post ne cite pas ZCAT. [8]
Publication Solana du 7 septembre. Le post ne cite pas ZCAT. [8]

Sur le fil de la semaine, ZCAT a deux visages. Le premier est celui d’un chat coiffé d’un sac. Le second ressemble à un relevé de récompenses : des détenteurs expliquent combien de ZEC ils disent avoir reçus. Une mascotte et un flux annoncé suffisent à alimenter deux conversations qui, jusque-là, n’avaient pas forcément les mêmes participants.

Le 6 septembre, Ansem reprend l’idée d’un véhicule natif permettant aux amateurs de memecoins de s’exposer au récit Zcash sans quitter leur terrain de jeu. Le même jour, le compte Value affirme avoir reçu environ 5 000 dollars de ZEC après avoir détenu un peu moins de 1 % de ZCAT pendant la nuit. Son témoignage est celui d’un détenteur exposé au token, pas celui d’un observateur extérieur. [6] [7]

Puis vient le 7 septembre. À 16 h 18 à Paris, Solana publie un personnage portant un sac devant un pupitre du NYSE. La légende tient en quatre mots : « The bag stays on ». Le post ne nomme pas ZCAT. Le visuel rejoint un langage déjà utilisé par ses détenteurs, ce qui explique l’association ; il n’établit ni partenariat ni approbation du token. [8]

Le mouvement est intéressant parce qu’il circule dans les deux sens. Une référence financière donne de l’épaisseur au meme ; le meme rend cette référence reconnaissable en une seconde. On n’a pas besoin de connaître la mécanique des distributions pour réutiliser un sac en papier.

Il faut cependant garder les objets distincts. ZCAT est identifié sur Solana dans les données de paire consultées. Cela ne lui confère pas les propriétés de confidentialité de Zcash. De même, les récompenses racontées par les détenteurs ne constituent pas un rendement garanti, encore moins une mesure représentative pour tous les porteurs. [15]

La réussite narrative est visible : le signe se détache de ses explications et voyage seul. C’est précisément le moment où l’enquête doit ralentir, remettre les noms sous les images et distinguer ce que le public reconnaît de ce que le produit permet réellement.

Une image circule plus vite que ses conditions.
04 / DÉCRYPTAGE / LEVERCAT

Le levier était dans le chat.

Le lancement du 7 septembre condense la nouvelle grammaire MemeFi : une mascotte, des frais et un actif distribué aux détenteurs.

Visuel de lancement de LEVERCAT. La promesse est celle du projet. [9]
Visuel de lancement de LEVERCAT. La promesse est celle du projet. [9]

Le chat pose devant un écran de marché et un levier. Le choix de l’image ne laisse aucune place au hasard : LEVERCAT veut transformer une mécanique financière en personnage. Son lancement, annoncé le 7 septembre, promet une redistribution en xSOL aux détenteurs. [9]

Le fil décrit un prélèvement de 3 % sur les transferts du token. Les cycles de récompense de StonkFun convertiraient ensuite les montants retenus en xSOL, puis les répartiraient au prorata des positions. Le projet insiste sur une réception automatique, sans étape de réclamation ni staking. Voilà la mécanique annoncée ; la lecture du fil ne suffit pas à certifier son exécution. [9]

L’actif distribué n’est pas un détail. xSOL apporte une exposition à effet de levier à SOL. La récompense ajoute donc une seconde question à celle du prix de LEVERCAT : que devient ce qui est reçu ? Un détenteur peut accumuler un actif dont la valeur baisse, et dont les mouvements ne reproduisent pas simplement ceux de SOL.

Le projet l’écrit lui-même dans la partie la plus utile de son fil. Il mentionne une baisse potentiellement plus rapide que SOL, une érosion dans certains marchés latéraux et la possibilité de s’approcher de zéro lors d’un krach. Il rappelle aussi que les distributions dépendent de l’activité : sans échanges, pas de xSOL distribué par ce mécanisme. [10]

Au moment de cette collecte, le profil publie une adresse de mint ; les données de paire consultées l’identifient comme LEVERCAT sur Solana et renvoient au même compte X. Cette concordance aide à distinguer le token des homonymes. Elle ne remplace pas l’examen des autorités du mint ou des contrats de distribution. [16]

LEVERCAT illustre le changement de la semaine avec une clarté presque pédagogique. Acheter un meme peut désormais embarquer plusieurs expositions : la mascotte, l’activité de sa paire et la valeur de l’actif reçu. Le dessin reste simple. Le produit, lui, demande davantage de lecture.

3 % annoncés. Une récompense qui porte aussi un risque.
05 / COMMUNAUTÉS / SOLCAT

Quand le logo devient une cause.

Au milieu des récits de rendement, la collecte pour le Népal fait circuler une autre promesse : celle d’une communauté capable d’agir.

SOLCAT met en avant sa collecte et sa visibilité sur le profil Solana. [11]
SOLCAT met en avant sa collecte et sa visibilité sur le profil Solana. [11]

Le 2 septembre, le compte Solana annonce 166 946,50 dollars récoltés pour venir en aide aux victimes d’inondations au Népal. Il remercie les participants et leur promet une place pour leurs logos sur son image de profil et sa publication épinglée pendant la semaine suivante. La reconnaissance devient visible, littéralement. [12]

Quatre jours plus tard, SOLCAT affirme avoir récolté plus de 110 043 dollars et met en avant sa présence sur l’image du compte Solana. Le message appelle à poursuivre la mobilisation et interpelle plusieurs personnalités de l’écosystème. Ici, le token ne se raconte pas d’abord par sa capitalisation : il se raconte par une cause et par ceux qui pourraient la relayer. [11]

Ces deux montants ne doivent pas être additionnés. Les publications ne permettent pas d’établir qu’ils décrivent des collectes séparées, des périodes identiques ou des fonds effectivement distincts. Les traiter comme les lignes d’un même tableau financier créerait une précision que les sources ne donnent pas.

La publication de Solana fournit néanmoins un élément concret : le réseau dit avoir organisé une reconnaissance visuelle des participants. Une réponse du même compte crédite mallow ; elle cite un organisateur qui affirme que les fonds ont été versés. Ce sont des déclarations identifiables. Elles ne constituent pas ici une vérification indépendante de chaque transfert, ni des montants propres à SOLCAT. [13]

Le ressort culturel est puissant. Un logo près d’une marque connue se lit vite comme une forme de validation. Pour les membres d’une communauté, il peut aussi être une récompense symbolique : la preuve d’avoir participé à quelque chose qui dépasse le token. Ces deux lectures coexistent, et c’est leur glissement qu’il faut surveiller.

La collecte apporte donc un contrepoint aux autres histoires du numéro. Les memes peuvent rassembler autour d’un objectif concret. Pour raconter correctement cette mobilisation, il faut préserver la distinction entre l’élan collectif, la visibilité accordée et la destination documentée des fonds.

Reconnaître une participation n’est pas auditer un token.
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Les sources, à portée de clic.

Les références numérotées dans les articles renvoient à cette liste. Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.

  1. StonkFun : paires GPRO
  2. StonkFun : préparation LaunchLab
  3. StonkFun : LaunchLab en ligne
  4. StonkFun : rachats cumulés déclarés
  5. Raydium : Stonks
  6. Ansem : ZCAT et Zcash
  7. Value : récompenses déclarées
  8. Solana : The bag stays on
  9. LEVERCAT : fil de lancement
  10. LEVERCAT : limites exposées
  11. SOLCAT : collecte déclarée
  12. Solana : collecte pour le Népal
  13. Solana : crédit mallow et organisateur
  14. LEVERCAT : profil et mint publié
  15. DEX Screener : identité ZCAT / Solana
  16. DEX Screener : identité LEVERCAT / Solana

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