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TRENCHES ON SOLANA / N°002

La guerre des machines à memes.

Pump.fun entre dans la course aux paires. Stonk compte ses revenus. AMBA prépare son rendez-vous.

14 septembre 20269 min de lectureVersion intégrale · FR
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7 PAGES / FRTrenches on Solana, couverture du numéro 2
01 / Éditorial

Le terrain de jeu a changé de taille.

Du 7 au 14 septembre, les memes ne se contentent plus d’emprunter un ticker à la Bourse : leurs plateformes se disputent la manière de le mettre en circulation.

Le 9 septembre, Pump.fun annonce ses paires personnalisées. Le lendemain, Stonk propose de lancer des pièces face à l’action Grindr tokenisée. Le 11, Wendy’s entre à son tour dans ce catalogue. Sur le fil, la bataille des launchpads ressemble de plus en plus à un concours de casting : quelle marque, quel actif, quelle blague donnera envie de créer le prochain token ? [1] [6] [7]

Cette semaine, le sujet dépasse donc le duel de mascottes. La possibilité d’associer un meme à autre chose que SOL devient un produit que plusieurs plateformes veulent proposer. Pour les créateurs, le choix de la paire entre dans l’écriture du récit ; pour les plateformes, il ouvre une nouvelle bataille commerciale.

Stonk répond à cette concurrence par les chiffres. Ses publications quotidiennes mettent en scène les revenus, les rachats et les tokens détruits. Ces relevés sont intéressants précisément parce qu’ils permettent de regarder plusieurs journées, au lieu de transformer le meilleur chiffre en vitesse de croisière. [4] [5]

À côté de cette course, Amoeba Farm introduit une autre ambition : des marchés synthétiques liés à la mémoire et au stockage informatique. Le projet se raconte déjà comme un produit, mais son mainnet est encore annoncé pour le 15 septembre. C’est aussi le rôle de ce numéro : regarder ce qui se construit, sans avancer la date du rendez-vous. [10] [11]

La rédaction Trenches On
02 / GRAND ANGLE / LAUNCHPADS

Pump.fun rejoint la mêlée.

Le 9 septembre, les paires personnalisées arrivent dans la communication de Pump.fun. Un avantage distinctif de Stonk devient un terrain de concurrence.

Identité visuelle de Pump.fun, site officiel consulté le 14 septembre.
Identité visuelle de Pump.fun, site officiel consulté le 14 septembre.

Il y a des annonces qui changent moins le vocabulaire que le rapport de force. Celle de Pump.fun, le 9 septembre, tient en une promesse facile à comprendre : lancer un token associé à une action tokenisée, à un grand cryptoactif ou à d’autres actifs. La plateforme revendique au passage davantage de choix, de profondeur et des frais inférieurs. Cette supériorité est son argument commercial ; nous ne la mesurons pas ici. [1]

Le contexte donne son relief à l’annonce. Le même jour, SolanaFloor décrit trois journées consécutives durant lesquelles les données internes de Stonk le placent devant Pump.fun en revenus de launchpad. L’article raconte une brèche dans un marché longtemps dominé par Pump. Il faut conserver son périmètre : une comparaison de revenus sur quelques journées ne désigne pas le vainqueur définitif des lancements. [3]

Deux jours après l’annonce, DannyCrypt la reprend en demandant à sa communauté quelle paire elle choisirait. Le produit technique est déjà devenu un sujet de conversation. Le choix d’un actif permet de faire tenir dans quelques caractères une conviction boursière, une plaisanterie et l’appartenance à un groupe. [2]

Stonk, pendant ce temps, continue d’élargir son catalogue. Le 11 septembre, ORE y fait son entrée comme actif de paire. La référence à la mine fournit immédiatement un décor aux créateurs. ORE n’est pas pour autant un nouveau meme lancé ce jour-là : c’est l’utilisation possible de cet actif dans de nouvelles paires qui constitue l’actualité. [9]

Pour un créateur, la question devient moins « puis-je lancer ? » que « dans quel environnement mon histoire sera-t-elle comprise ? ». La visibilité du site, les outils et la communauté comptent autant que la nouveauté de la mascotte. C’est notre lecture de ces annonces, pas une mesure des parts de marché.

Le prochain test sera dans les usages : des lancements suivis, des marchés qui restent liquides, des détenteurs qui reviennent. La semaine aura au moins changé une chose observable. Pump.fun a formulé publiquement sa réponse, et Stonk ne peut plus raconter les paires multiples comme un territoire où il serait seul.

La paire devient une partie de l’histoire.
03 / DÉCRYPTAGE / STONK

Le burn a son bulletin quotidien.

Les revenus et les rachats sont devenus des personnages du récit. Deux relevés de la semaine montrent pourquoi leur rythme compte autant que leur taille.

Marque StonkFun, issue de son site officiel.
Marque StonkFun, issue de son site officiel.

Le compte Stonk publie ses résultats comme un petit bulletin du soir : revenus, rachats, quantité détruite. Pour la journée du 9 septembre, il annonce 1 355 566 dollars de revenus, 814 028 dollars de rachats et 4,55 millions de STONK brûlés. Quatre jours plus tard, les nombres sont de 900 897 dollars, 538 655 dollars et 2,24 millions de tokens. Ce sont deux déclarations du projet, pas les conclusions d’un audit indépendant. [4] [5]

La différence est déjà instructive. Entre ces deux journées, les revenus déclarés reculent d’environ un tiers. Cela ne suffit ni à tracer une tendance de long terme ni à parler d’effondrement. Cela suffit en revanche à rappeler que le flux varie. Extrapoler mécaniquement la meilleure séance sur douze mois donnerait au lecteur une stabilité que ces publications ne montrent pas.

Le récit du rachat est puissant parce qu’il traduit l’activité de la plateforme en un geste visible sur son token. Les transactions produisent des frais ; une partie finance des achats ; les unités achetées sont retirées de la circulation. On peut raconter cette chaîne sans prétendre qu’elle impose un prix futur. La demande et la liquidité restent décisives.

Les deux relevés illustrent également une confusion fréquente : les dollars dépensés et les tokens détruits ne sont pas la même mesure. Si le prix d’acquisition change, une même somme ne retire pas le même nombre d’unités. Le compteur de burn décrit une opération ; il ne constitue pas un revenu automatiquement versé à chaque détenteur.

Ce langage comptable donne à la marque une présence quotidienne, même lorsqu’aucune nouvelle mascotte ne s’impose. Dans la compétition avec les autres launchpads, le bulletin fait office de preuve narrative : regardez, la machine travaille. La vérification complète demanderait de rapprocher la méthode de calcul, les transactions de rachat et les adresses de destruction.

La bonne question pour le prochain numéro ne sera donc pas seulement celle du record. Il faudra regarder si l’activité résiste à l’élargissement de l’offre concurrente et si les relevés restent comparables d’une semaine à l’autre. Une machine à frais se juge aussi les jours où elle tourne moins vite.

Un chiffre quotidien n’est pas une rente.
04 / CULTURE / MEMES ET ACTIONS

Grindr et Wendy’s : la Bourse en memes.

Le catalogue des paires se nourrit de marques déjà chargées d’histoires. Une familiarité qui facilite la circulation du meme, sans confondre les actifs.

Illustration du reportage SolanaFloor consacré au lancement de GRND sur Solana, le 11 septembre. [8]
Illustration du reportage SolanaFloor consacré au lancement de GRND sur Solana, le 11 septembre. [8]

Le 10 septembre, Stonk annonce les pièces associées à GRND, l’action Grindr tokenisée, avec un jeu de mots autour de la « position ». Le lendemain, Wendy’s fournit une autre accroche : la chaîne de restauration aurait davantage sa place dans le portefeuille que sur le CV. Deux entreprises, deux plaisanteries immédiatement accessibles aux habitués des marchés en ligne. [6] [7]

Ce choix dit quelque chose du nouveau catalogue. Le nom de l’actif n’est plus une ligne discrète sous le graphique ; il fournit un décor. Un créateur peut y accrocher son personnage, sa communauté et une référence que les lecteurs reconnaissent déjà. La finance tokenisée offre ainsi aux memes une réserve d’histoires toutes faites.

L’épisode Grindr donne aussi une mesure ponctuelle de l’attention. Dans son article du 11 septembre, SolanaFloor rapporte plus de 31 millions de dollars échangés sur la version tokenisée en moins de vingt-quatre heures après son lancement, le 10. Le média compare ce montant à environ 16,6 millions sur le NYSE lors de la séance précédente. Ces fenêtres sont différentes : c’est un contraste historique, pas une égalité de conditions de marché. [8]

Le même article rattache cette activité aux paires meme/action. Il serait pourtant excessif d’y lire la preuve que le marché tokenisé remplace l’action traditionnelle. Un volume élevé peut être composé de nombreux allers-retours. Il ne mesure ni le nombre de personnes convaincues par l’entreprise ni l’argent durablement immobilisé dans son financement.

Pour le lecteur, trois objets doivent rester séparés : le titre de l’entreprise, sa représentation tokenisée et le meme qui utilise cette représentation dans une paire. La proximité des noms ne les rend pas interchangeables. Les droits dépendent du produit et de son émetteur ; l’annonce d’un launchpad ne les crée pas par magie.

Ce qui change cette semaine est plus culturel qu’il n’y paraît. L’action apporte sa notoriété au meme ; le meme apporte à l’action une nouvelle manière d’être commentée. Stonk organise cette rencontre à coups de lancements et de slogans. La suite dira quels couples survivent à leur première bonne blague.

Un nom connu donne une scène au meme.
05 / À SUIVRE / AMOEBA FARM

AMBA regarde sous le capot de l’IA.

Mémoire, stockage, marchés synthétiques : Amoeba Farm tente de donner un sujet industriel au récit de token. Son mainnet reste annoncé pour le 15 septembre.

Identité d’Amoeba Farm, reliée à son site et à son contrat Solana dans les métadonnées consultées.
Identité d’Amoeba Farm, reliée à son site et à son contrat Solana dans les métadonnées consultées.

Pendant que les launchpads ajoutent des tickers célèbres, Amoeba Farm regarde des objets moins glamour : les barrettes mémoire et le stockage. Son site présente RAMX et NANDX, des marchés liés à des références de prix de composants. L’idée est de rendre négociable une exposition synthétique à ces références, sans acheter ni se faire livrer le matériel. [12] [13]

Le calendrier est essentiel. Dans son bilan publié avant notre clôture, l’équipe annonce avoir livré un SDK, des outils CLI/TUI, un nouveau site et le programme Devnet en open source. Elle fixe le mainnet au 15 septembre. Le site existe donc déjà, mais l’événement annoncé appartient encore à la semaine suivante. Nous ne présentons pas les écrans visibles comme la preuve d’un marché de production ouvert. [10] [11]

Le lien entre le token AMBA et le projet peut être vérifié plus concrètement que par son seul nom. La page de risques publie le contrat Solana Hy1LfQLL4zLQihmiQKZm7DQzXm5K8aVSfKtdHFYXbKMm ; il correspond au token Amoeba Farm dont les métadonnées renvoient au site et au compte X. Cette concordance établit l’identité étudiée, pas la qualité économique du token. [13]

L’angle culturel est intéressant : au lieu d’un chien qui incarne l’intelligence artificielle, voici un projet qui veut parler de ses composants. Ce déplacement rapproche le récit de contraintes industrielles concrètes. Il ne suffit toutefois pas à faire d’AMBA une action sur le secteur de la mémoire, ni à transférer aux détenteurs les bénéfices des fabricants.

La documentation précise justement que les références RAMX et NANDX ont un périmètre défini. Elles ne couvrent pas toute l’industrie ; une exposition synthétique ne garantit pas le prix d’une commande réelle. L’équipe annonce aussi un verrouillage des tokens développeurs jusqu’au premier trimestre 2027, suivi de déverrouillages hebdomadaires. Ce calendrier est attribué au projet, sans audit du contrat de verrouillage ici. [13] [14]

Le rendez-vous du 15 sera plus parlant que l’étiquette « utilité ». Il permettra de confronter l’annonce au déploiement, à la lisibilité des marchés et à l’activité réelle. Cette semaine, AMBA a surtout fait apparaître une histoire différente dans les trenches : le matériel derrière le rêve numérique.

Un site visible n’est pas un mainnet livré.
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Les sources, à portée de clic.

Les références numérotées dans les articles renvoient à cette liste. Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.

  1. Pump.fun · paires personnalisées
  2. DannyCrypt · relais et réactions
  3. SolanaFloor · concurrence des launchpads
  4. Stonk · journée du 9 septembre
  5. Stonk · journée du 13 septembre
  6. Stonk · paire GRND
  7. Stonk · paire WEN
  8. SolanaFloor · Grindr tokenisé
  9. Stonk · ORE rejoint les paires
  10. Amoeba · bilan des livraisons
  11. Amoeba · mainnet annoncé le 15
  12. Amoeba · marchés RAMX / NANDX
  13. Amoeba · périmètre et risques
  14. Amoeba · calendrier des tokens dev

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