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TRENCHES ON ROBINHOOD / N°002

Des mouches, des îles et des revenus.

FLYBRAIN fait parler son laboratoire. Pendle découpe les frais. Waifu promet une île.

14 septembre 20269 min de lectureVersion intégrale · FR
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7 PAGES / FRTrenches on Robinhood, couverture du numéro 2
01 / Éditorial

Le meme cherche une autre vie.

Sur Robinhood Chain, le récit s’étend au-delà de la paire boursière : revenus négociables, expérience de laboratoire et jeu social prennent la parole.

Une mouche qui s’apprête à recevoir un corps. Un champignon dont les frais se négocient séparément. Une île à rejoindre entre amis. Les publications de cette semaine ont un air de cabinet de curiosités ; elles racontent pourtant trois manières très concrètes de prolonger l’attention autour d’un token. [4] [8] [11]

Pons reste le décor commun. La plateforme revendique désormais 12 milliards de dollars de volume sur deux mois et plus de 100 millions de dollars gagnés par les créateurs. Ce sont des totaux annoncés par le projet, avec une histoire plus longue que notre fenêtre hebdomadaire. Nous les traitons comme les nouvelles étapes de son discours, pas comme les revenus de la seule semaine. [1] [2]

Le détour par les sites des projets est particulièrement utile cette fois. FLYBRAIN explique que sa mouche ne pense pas les messages publiés en son nom. Waifu invite encore à s’inscrire sur une liste d’attente. Pendle décrit les flux de frais qui alimentent ses marchés. À chaque fois, le mécanisme est plus précis, et parfois moins spectaculaire, que le résumé qui pourrait circuler sur le fil.

Ce n°2 suit ces objets sans les mettre dans le même sac. Une expérience artistique, un produit financier et une promesse de jeu n’ont ni le même état d’avancement ni les mêmes preuves à fournir. Leur point commun est ailleurs : après avoir attiré le regard, tous cherchent une raison de le retenir.

La rédaction Trenches On
02 / GRAND ANGLE / LA PLATEFORME

Pons change l’échelle de son récit.

Douze milliards de dollars sur deux mois : le nouveau jalon affiché par Pons raconte une ambition de plateforme. Encore faut-il lire ce que mesure le compteur.

microduck, l’un des tokens cités par Pendle, appartient au décor de l’écosystème Pons. Visuel via DEX Screener.
microduck, l’un des tokens cités par Pendle, appartient au décor de l’écosystème Pons. Visuel via DEX Screener.

Le 13 septembre, Pons publie un nombre à douze zéros : 12 milliards de dollars sur deux mois. La plateforme se présente comme le principal launchpad de Robinhood Chain et met en avant Uniswap v4. Deux jours plus tôt, elle annonçait plus de 100 millions de dollars gagnés par les créateurs en actions tokenisées, ETH, USDG et autres actifs. La communication a changé d’échelle. [1] [2]

Ces jalons ne racontent pas la même chose. Un volume additionne les échanges, y compris lorsque des capitaux circulent plusieurs fois. Des revenus de créateurs désignent un flux de frais attribué à une catégorie de participants. Ni l’un ni l’autre ne peut être lu comme le bénéfice de chaque utilisateur, le capital resté dans l’écosystème ou la performance du token PONS.

Il faut également garder les bonnes horloges. Les deux mois du premier relevé débordent largement notre semaine. Le 12 septembre, Pons utilise encore une autre fenêtre lorsqu’il revendique 65 % du volume RWA des launchpads sur trente jours. Cette part dépend du périmètre retenu et reste une déclaration du projet. Elle ne mesure pas 65 % de l’ensemble du marché mondial des actifs réels tokenisés. [3]

L’intérêt journalistique est dans le déplacement du discours. Pons ne présente plus seulement un endroit où lancer une pièce. Il cherche à devenir l’infrastructure par laquelle circulent les références boursières et les revenus de communautés. L’annonce Pendle, traitée dans la page suivante, donne un exemple concret de ce que des tiers peuvent construire autour de ces frais. [4]

Le catalogue demeure un autre levier d’attention. Le 13 septembre, Pons demande à ses lecteurs quels tickers ils souhaitent voir arriver. C’est une manière simple de faire participer la communauté à la prochaine annonce, tout en rappelant que le choix de l’actif de paire est devenu central dans la création d’un meme. La publication ne constitue pas une liste de nouveaux marchés déjà disponibles. [16]

Le prochain palier se jugera au-delà des compteurs cumulés : activité comparable sur une période fixe, variété des usages, capacité à conserver des marchés vivants. Cette semaine, Pons a surtout consolidé sa place dans l’imaginaire du réseau. Il reste à distinguer, dans cette grande histoire de croissance, ce qui revient aux créateurs, aux détenteurs et à la plateforme elle-même.

Du volume cumulé, pas une caisse remplie.
03 / DÉCRYPTAGE / SHROOM ET MICRODUCK

Le champignon découpe ses revenus.

Pendle présente des marchés pour les frais de tokens Pons. Le meme conserve sa mascotte, mais une partie de son économie devient négociable séparément.

Logo SHROOM identifié sur Robinhood Chain. Le projet relaie l’annonce Pendle le 11 septembre. [17]
Logo SHROOM identifié sur Robinhood Chain. Le projet relaie l’annonce Pendle le 11 septembre. [17]

Le 11 septembre, Pendle annonce l’arrivée d’actifs Pons sur sa plateforme et cite SHROOM et microduck. Il ne s’agit pas simplement d’ajouter deux noms à une liste de tokens. Dans le fil qui accompagne l’annonce, Pendle explique que leur activité de trading génère des frais dont une partie revient périodiquement aux détenteurs. Ce flux fournit la matière de ses nouveaux marchés. [4] [5]

La séparation est le cœur du produit. Pendle décrit les YT comme une manière de prendre position sur les frais futurs et les PT comme une acquisition de principal à prix décoté. Ce vocabulaire appartient au marché du rendement ; il ne faut pas le traduire en promesse de gain automatique. Le prix payé, l’échéance, les frais effectivement produits et les risques des contrats restent déterminants. [6]

Le cas SHROOM rend la mécanique moins abstraite. Selon Pendle, le token est associé à MU et une part des frais est versée dans cet actif boursier tokenisé. Le détenteur peut donc être exposé à plusieurs récits simultanément : l’activité du meme, la structure du produit de rendement et l’évolution de l’actif distribué. Une jolie mascotte ne simplifie pas nécessairement l’économie qui se trouve derrière. [7]

Sur X, SHROOM reprend l’annonce dès le 11 septembre. Le relais montre que l’intégration entre dans l’identité publique du projet. Il ne démontre pas à lui seul une adoption massive. Nous ne reprenons pas de rendement affiché comme un taux durable et ne faisons pas de cette publication une preuve de cotation dans l’application de courtage Robinhood. [17]

La distinction avec une action mérite aussi de rester visible. Les Stock Tokens décrits par Robinhood donnent une exposition économique à des titres sous-jacents, sans les droits légaux ou bénéficiaires sur ces titres. Ajouter un meme et un marché de frais au-dessus de cette couche ne fait pas disparaître les distinctions entre les produits. [15]

Ce qui rend l’épisode intéressant est cette deuxième vie du meme. Une communauté peut désormais parler non seulement du prix de sa pièce, mais du prix que le marché donne à ses futurs échanges. Ce pari dépend toujours d’un élément très simple : que des gens continuent à acheter et vendre. Si l’attention se retire, le flux qui nourrit le récit peut se réduire avec elle.

Ce qui s’échange, c’est aussi le futur des frais.
04 / CULTURE / FLYBRAIN

La mouche et son narrateur.

FLYBRAIN fait entrer le laboratoire dans les trenches. Son propre site permet de séparer l’expérience scientifique, le personnage public et le token.

Corps de mouche simulé, illustration publiée par le projet ; ce rendu n’est pas la preuve d’une locomotion autonome. [9]
Corps de mouche simulé, illustration publiée par le projet ; ce rendu n’est pas la preuve d’une locomotion autonome. [9]

Le 13 septembre, le compte Fruit fly dev annonce que le cerveau de sa mouche va recevoir un corps. La phrase suffit à faire exister un personnage : un petit être numérique en train de gagner des possibilités nouvelles. Mais le site FLYBRAIN raconte une expérience beaucoup plus précise, avec des tests, des limites et des résultats qui résistent à l’effet d’annonce. [8] [9]

Le token est identifiable. L’annonce de LBank du 11 septembre nomme FLYBRAIN sur Robinhood Chain, renvoie vers flybrain.online et publie le contrat 0x4Eb990547BCe4a982432CA88Cf5fae7EED1A2d35. Les métadonnées consultées correspondent à ce site et au compte Fruit fly dev. Cela permet d’éviter la confusion avec d’autres projets de mouches, sans faire de la cotation un certificat de qualité. [13]

Dans son état daté du 13 septembre, le laboratoire décrit un modèle construit à partir d’un connectome de drosophile et un corps simulé. Le dépôt therealfly indique que le test choisi pour produire un rythme de marche a échoué. Les étapes suivantes ne sont pas présentées comme une locomotion déjà obtenue. Publier un modèle anatomique et montrer une mouche debout dans un rendu sont deux choses différentes de la faire marcher par ce mécanisme. [9] [10]

Le site est tout aussi explicite sur la voix du personnage. Les posts à la première personne sont écrits par un modèle de langage à partir de données de télémétrie. La simulation ne lit pas, ne forme pas une opinion et ne choisit pas les mots. Cette précision retire une illusion, mais révèle une construction culturelle plus intéressante : le public suit un narrateur qui donne une forme humaine à des mesures. [9]

Le code consultable apporte donc une possibilité de contrôle, pas une garantie universelle. Le dépôt therealfly précise qu’il s’agit de science hors ligne et qu’il n’interagit pas avec une chaîne ou un portefeuille. Nous n’avons ni reproduit les expériences ni audité le token. L’existence du dépôt ne prouve pas, à elle seule, tous les récits de décisions autonomes que pourrait susciter la mascotte. [10]

FLYBRAIN tient précisément dans cet écart. Une mouche minuscule fournit une très grande histoire ; le travail visible fournit des questions vérifiables. La suite la plus intéressante ne sera pas forcément un nouveau slogan. Ce sera un résultat que le laboratoire pourra montrer, avec ses conditions et ses limites.

Les neurones simulés ne rédigent pas les posts.
05 / À SUIVRE / JEU SOCIAL

Waifu promet une île à plusieurs.

Des amis, un arbre, des récompenses en memes et actions tokenisées : l’annonce du 12 septembre propose un autre décor à l’économie des communautés.

Identité Waifu, issue du site waifu.family relié dans l’annonce. Le projet est encore présenté sur liste d’attente.
Identité Waifu, issue du site waifu.family relié dans l’annonce. Le projet est encore présenté sur liste d’attente.

Le 12 septembre, Waifu invite les lecteurs à rejoindre une île avec leurs amis, à faire pousser un arbre et à concourir pour des récompenses en memecoins et actions tokenisées. La publication renvoie vers une liste d’attente. Elle montre une direction de produit ; elle ne nous permet pas de visiter un jeu ouvert ni de constater des récompenses déjà distribuées. [11]

Le choix du décor est révélateur. Là où un tableau de cours demande au lecteur de rester seul face à ses décisions, une île promet des rendez-vous communs et une progression visible. Un arbre qui grandit peut devenir une manière de raconter le temps passé ensemble. C’est ce ressort social, davantage qu’un ticker précis, qui distingue l’annonce.

Le même jour, Yen reprend le projet en imaginant déjà les discussions de groupe devenir compétitives. Ce commentaire est une anticipation favorable, pas un retour d’expérience après utilisation. Il donne néanmoins une indication sur la façon dont le concept est reçu : le jeu se vend aussi comme une future activité pour des groupes qui existent déjà. [12]

Les réponses au post original mêlent confirmations d’inscription, questions pratiques et demandes de date de sortie. Elles documentent l’intérêt autour de l’annonce sans permettre de compter des joueurs actifs. Nous ne confondons donc pas vues, réponses et utilisateurs, et nous ne déduisons pas un lancement de token du nom de compte WaifuToken. [11]

Le mélange des récompenses reste à examiner. Une action tokenisée, un memecoin et une progression dans un jeu ont des propriétés différentes. Il faudra connaître les règles de distribution, l’origine des actifs, les conditions d’accès et les possibilités de sortie pour comprendre l’expérience économique proposée. La publication initiale ne répond pas à toutes ces questions, et nous ne les complétons pas à sa place.

Cette réserve n’enlève pas l’intérêt du récit. Waifu essaie de déplacer l’attention du lancement unique vers une activité répétée entre amis. Si le produit arrive, le test sera moins celui d’une vidéo séduisante que celui d’un retour spontané sur l’île. Au terme de notre semaine, cette deuxième vie des memes reste une promesse à suivre, avec une porte d’entrée très concrète : une liste d’attente.

Pour l’instant, l’île est une invitation.
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Les sources, à portée de clic.

Les références numérotées dans les articles renvoient à cette liste. Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.

  1. Pons · volume cumulé sur deux mois
  2. Pons · revenus cumulés des créateurs
  3. Pons · part du volume RWA sur 30 jours
  4. Pendle · annonce SHROOM / microduck
  5. Pendle · frais générés par les échanges
  6. Pendle · séparation PT / YT
  7. Pendle · SHROOM et la paire MU
  8. FLYBRAIN · annonce du corps simulé
  9. FLYBRAIN · laboratoire et limites
  10. FLYBRAIN · dépôt therealfly
  11. Waifu · annonce et liste d’attente
  12. Yen · relais du projet Waifu
  13. LBank · identité et annonce FLYBRAIN
  14. Robinhood · configuration de la chaîne
  15. Robinhood · droits des Stock Tokens
  16. Pons · prochain catalogue de paires
  17. SHROOM · relais de l’intégration

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